10 bonnes raisons de se mobiliser le 9 avril

Salaire, égalité femme-homme, retraite, partage des richesses, service public, sécurité sociale… La CGT propose aux salairés, aux privés d’emploi et aux retraités au moins dix bonnes raisons de se mobiliser et de manifester demain, jeudi 9 avril.CGT-et-PCF-condamnés

1. Parce que je veux vivre de mon travail

L’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale est formel… le niveau actuel du smic (1136nets/mois) ne suffit pas à une personne seule pour vivre et un célibataire doit gagner 1424 €, un couple avec deux enfants, 3284 € pour faire face aux dépenses « nécessaires » : disposer d’une voiture pour ses déplacements, d’une chambre par enfant de sexe différent et de plus de 6 ans ou encore de pouvoir partir en vacances une semaine par an pour les retraités.

Le 9 avril, salariés payés au Smic, privés d’emploi, retraités, bénéficiaires des minima sociaux, nous exigerons de porter le Smic à 1700 euros bruts, d’augmenter les minima sociaux, de dégeler les pensions de retraite et les porter au niveau du smic revendiqué par la CGT. Parce que ce que nous consommons peut participer à relancer la croissance.

2. Pour en finir avec le blocage des salaires des fonctionnaires

Le point d’indice, qui sert de base au calcul des salaires des quelque 5,2 millions d’agents et n’a pas été revalorisé depuis 2010. Depuis 2000, les choix gouvernementaux successifs ont conduit à un décrochage massif de la valeur du point par rapport à l’évolution des prix : c’est désormais à plus de 14% de perte de pouvoir d’achat que s’élèvent les pertes accumulées. Aujourd’hui, plus d’un million d’agents vivent avec des revenus équivalents au Smic. Les rémunérations de la Fonction publique ont perdu 5% par rapport à l’inflation depuis juillet 2010. Jamais les traitements de la Fonction publique n’ont été bloqués sur une telle durée. Ces pertes de pouvoir d’achat, par leur impact négatif sur la consommation de millions d’agents, ne sont pas non plus sans effet sur la relance de la croissance. Ce blocage a aussi un effet négatif sur les niveaux des pensions des millions de fonctionnaires retraités.

Le 9 avril, c’est le moment pour tous les agents de l’Etat, des collectivités territoriales, des hôpitaux d’exiger une hausse du pouvoir d’achat qui passe par le dégel du point d’indice et par des mesures compensatoires de rattrapage des pertes subies depuis des années. Dans l’unité la plus large possible, la CGT est déterminée à gagner l’ouverture de négociations permettant de déboucher sur un arrêt de la politique ravageuse de gel du point d’indice et obtenir une augmentation significative des salaires dans les fonctions publiques.

3. Pour exiger l’égalité effective des salaires entre les femmes et les hommes

Malgré des avancées incontestables (réussite scolaire, diplômes, hausse de l’activité des femmes y compris chez les cadres…), les discriminations que subissent les femmes restent fortes et tenaces. En dépit de cinq textes de lois français et européens, les femmes ont un salaire en moyenne de 27% inférieur à celui des hommes, une retraite de 40% plus faible. Elles sont concentrées dans un nombre limité de professions en général mal reconnues du point de vue salarial comme les services à la personne. Elles accèdent difficilement à des postes de responsabilité et subissent, pour la plupart, le temps partiel et une grande précarité.

Le patronat, rétrograde, bloque systématiquement toute avancée et le gouvernement se refuse à imposer aux entreprises une véritable obligation de négocier chaque année sur cette question.

Le 9 avril, veille d’une séance de négociation importante sur les régimes de retraite complémentaires, c’est le moment d’exiger tous ensemble, femmes et hommes de rendre effective cette égalité salariale. Progressivement réalisée, elle permettrait un accroissement des cotisations tel que tout déficit serait effacé à l’ARRCO. Quant au déficit de l’AGIRC, il serait réduit de près de moitié d’ici 2040.

4. Pour préserver nos retraites complémentaires sans reculer l’âge de la retraite

Depuis le 17 février syndicats et patronat s’affrontent dans les négociations sur les régimes de retraite complémentaires ARRCO (pour tous les salariés) et AGIRC (pour les cadres). Ces deux institutions essentielles de notre système de retraite connaissent un lourd problème de financement, aggravé depuis 2009 par la crise et par le refus patronal d’augmenter le montant des ressources allouées aux régimes.
Dans cette nouvelle séquence de négociations, le Medef avance avec une série de propositions qui visent toutes à réduire le niveau des pensions, repousser et réduire les réversions, reculer l’âge de la retraite sociale et même à remettre en cause le statut cadre en proposant la fusion des deux régimes.

Le 9 avril, c’est le moment pour tous les salariés du privé de peser sur cette négociation en exigeant, par exemple :
- Une augmentation de la cotisation AGIRC pour permettre aux cadres de cotiser autant au-dessus du plafond de la Sécurité sociale qu’en dessous et se constituer ainsi le même niveau de retraite sur la totalité du salaire ;
- L’élargissement de l’assiette de cotisation aux éléments de rémunération aujourd’hui exemptés (intéressement, participation, épargne salariale, etc.)
- La mise à contribution des dividendes versés par les entreprises aux actionnaires.

5. Pour que les richesses crées ne soient pas pillées par les actionnaires

En moyenne, chaque salarié du privé travaille aujourd’hui 45 jours par an pour payer leurs dividendes aux actionnaires alors qu’en 1981 ils représentaient 10 jours de travail par salarié dans les sociétés non financières. Selon une étude faite pour Le Monde par PwCs et publiée jeudi 5 mars, les entreprises du CAC40 ont vu leurs bénéfices progresser de 33% en 2014 pour atteindre 62,4milliards d’euros. Et cela alors même que le chiffre d’affaires de ces sociétés est demeuré quasi stable à 1222 milliards d’euros (+0,1%). Les actionnaires du CAC40 ont reçu l’année dernière 56milliards d’euros : 46 milliards d’euros au titre de versements de dividendes (+25% par rapport à 2013) et 10milliards pour les rachats d’actions (+55%). On se rapproche du record de l’année 2007. Pour les actionnaires, la crise est donc bel et bien derrière. Concrètement, pour parvenir à cette croissance démente des dividendes, sur les 40 sociétés composant l’indice CAC40, vingt-quatre ont mis en place des plans de réduction de coûts, poursuivant la baisse des « frais de structure » et des coûts de production. Parmi eux Danone, Michelin, Renault, Bouygues pour sa filiale Bouygues Telecom, Pernod Ricard, Lafarge, Saint-Gobain, Arcelor-Mittal, Solvay, Technip, Publicis groupe, BNP Paribas et Alcatel-Lucent…

Le 9 avril, mobilisons-nous pour exiger un autre partage de la richesse que nous créons par notre travail :

Pour que nos salaires augmentent, que nos qualifications et nos responsabilités soient reconnues. Pour développer les investissements productifs et la recherche. Pour financer la protection sociale.

6. Pour développer et renforcer les services publics locaux

Nos villes, nos départements et régions réalisent quelques 250 milliards d’euros de dépenses, soit 21% de la dépense publique totale (Etat : 380 milliards €) pour organiser le « vivre ensemble ». Elles réalisent 70% de l’investissement public hors défense et sont donc un élément important de l’activité économique en territoire. Elles font vivre ainsi des milliers d’entreprises et de services et sont souvent les premiers employeurs locaux. Elles bénéficient pour cela de transferts de l’Etat de l’ordre de 100 milliards € par an. Mais Pour financer le pacte de responsabilité (40 milliards € cadeaux au patronat) et respecter les engagements européens de rigueur via le programme de stabilité (50 milliards €), l’Etat entend réduire de 11 milliards € les dotations des collectivités territoriales. Résultat, les investissements ralentissent et c’est toute l’activité économique, le développement des territoires, la satisfaction des besoins des populations qui en pâtissent.

Le 9 avril, mobilisons-nous pour exiger le maintien des financements, des moyens humains des services publics territoriaux. Ces services publics de proximité et de qualité doivent être préservés et développés sur tout le territoire. Ils doivent être dotés de personnels en nombre suffisant, sous statut public, formés.

7. Pour augmenter les salaires et relancer l’économie

Loin de relancer la croissance et l’emploi, la politique de baisse des salaires, de précarité contribue à baisser le pouvoir d’achat, la consommation et la croissance et donc à baisser la demande interne et détruire massivement des emplois. La consommation des ménages compte pour 57% du Produit Intérieur Brut de la France. L’évolution du PIB dépend donc largement de cette consommation. Au cours des années 2000, elle explique deux tiers de la croissance de l’activité économique en France. Donc, tout ce qui freine le pouvoir d’achat plombe la reprise de notre économie.

Le 9 avril, exigeons une augmentation immédiate du Smic et un rattrapage réel du point d’indice dans la fonction publique qui donneraient un ballon d’oxygène immédiat. Revaloriser le Smic au-delà de l’augmentation automatique, les traitements des fonctionnaires, les prestations sociales seraient de nature à réenclencher une spirale vertueuse et à libérer le pouvoir d’achat des salariés.

8. pour dire non au projet de loi Macron

Dans de nombreuses branches et professions comme le commerce, le projet de loi Macron suscite colère et inquiétude. Adopté en force à l’Assemblée grâce à l’article 49.3, c’est un texte fondamentalement idéologique. Il est tentaculaire dans son contenu puis qu’il touche à de nombreux aspects du droit du travail et domaines économiques. En résumé, c’est :
- plus de facilités pour licencier ;
- la banalisation du travail le dimanche et du travail de nuit et le risque de leur extension à d’autres secteurs que le commerce ;
- la possibilité pour le patron de déroger au Code du travail ;
- la mise à mort des conseils des prud’hommes et de la médecine du travail ;
- l’affaiblissement de l’inspection du travail ;
- l’affaiblissement des instances représentatives du personnel.

Le 9 avril, poursuivons la mobilisation unitaire contre ce projet de loi Macron, car il est possible d’obtenir des avancées. La mobilisation dans l’unité a déjà permis de faire reculer le gouvernement sur certains aspects touchant par exemple aux prud’hommes ou au secret des affaires. Par ailleurs, trois articles de la loi Macron visent à renforcer la lutte contre le travail illégal, diminuer les fraudes, notamment dans le cas des travailleurs détachés en augmentant significativement les amendes en cas d’infraction des employeurs. Ils rendent possible la suspension de la prestation ou une amende dans le cas où les principes basiques du code du travail ne sont pas appliqués à un travailleur détaché et instaurent la carte professionnelle pour les salariés du bâtiment afin de lutter contre le travail illégal.

9. Parce que pour gagner, il faut lutter

Depuis plusieurs semaines, de nombreux conflits se multiplient, notamment à l’occasion des négociations annuelles obligatoires. Ces mobilisations touchent aux salaires, à l’emploi, aux conditions de travail. Ainsi, les salariés des magasins Tang, la chaîne d’alimentation asiatique, ont mené la première grève de leur histoire pendant plusieurs semaines. Ils sont obtenu l’ouverture de négociations sur la durée du travail, sur les augmentations de salaires, la mise en place d’une grille des salaires, des qualifications, les pauses et les congés légaux. Une première victoire qui en appelle d’autres. Les salariés de Sanofi à Sisteron ont menées cinq semaines de lutte et ont obtenu80 € net sur la prime de poste afin de compenser la pénibilité subie par des équipes travaillant en faisant, par exemple, les « 3×8 », des embauches et la garantie d’investissement sur un nouvel incinérateur. Et ils ont ainsi donné le signal de l’action à leurs collègues d’autres usines du groupe. Leur détermination est renforcée par les annonces de résultats et de dividendes versés aux actionnaires et par la prime de 4 millions d’euros à leur nouveau patron.

Ces luttes sont souvent menées dans l’unité syndicale, gage de succès : ainsi dans le groupe bancaire BPCE (Caisse d’Épargne, Banque Populaire, Crédit Foncier, Crédit Coopératif, Natixis, BPCE S.A, Banque Palatine…) pour la première fois depuis la création du groupe toutes les organisations syndicales (CFDT, Unsa, CGT, CFTC, FO, CFE-CGC/SNB,SUD Solidaires) ont appelé le 24 mars à une grève pour « de meilleures conditions de travail, une politique salariale juste et motivante, un service à la clientèle correspondant véritablement aux valeurs coopératives du groupe ». Cet appel survient après l’échec des négociations salarialesdans les deux principales branches du groupe où aucune augmentation générale n’a été accordée pour 2015. Cela alors même que de source syndicale, on apprend que lePDGde la Caissed’Epargne,FrançoisPérol, bénéficierait d’une part variable de 850 000euros.

Le 9 avril, donnons du poids à nos mobilisations, faisons converger nos luttes, mettons nous en grève et manifestons tous ensemble d’une seule voix, dans les entreprises, dans les manifestations et rassemblements organisés partout et notamment dans les rues de la capitale.

10. parce que ma Sécu, ma retraite, ma santé j’y tiens

La Sécurité sociale, pilier de notre système de protection sociale, est l’objet d’attaques incessantes du patronat et du gouvernement. Les droits des salariés et des retraités sont remis en cause, tant du point de vue de l’assurance maladie que de la retraite ou de la politique familiale. Il en résulte toujours plus de difficultés pour se soigner, vivre décemment sa retraite, élever ses enfants…

Le patronat, soutenu et accompagné par le gouvernement se désengage du financement de la Sécurité sociale pour verser des dividendes encore plus juteux aux actionnaires. Avec le pacte de responsabilité il vient encore d’obtenir des milliards d’euros de cadeaux sans contreparties en termes d’emploi. Avec pour conséquence directe la remise en cause de l’universalité des allocations familiales.

Le 9 avril, mobilisons-nous pour défendre et développer notre Sécurité sociale, notre système de retraite solidaire, notre système de santé. Pour répondre aux besoins en matière d’accès aux soins, de retraite, de prestations familiales, il faut augmenter les ressources. Nous pouvons y parvenir par :
- la création d’emplois stables et correctement rémunérés ;
- une croissance réactivée par une véritable politique industrielle et des services publics performants ;
- une distribution des richesses crées plus favorable au monde du travail ;
- l’augmentation / revalorisation des salaires.

Retraités, poursuivons notre mobilisation dans l’unité avec les salariés actifs et les privés d’emploi pour en finir avec le gel pensions qui rabote notre pouvoir d’achat, contre la dégradation des conditions d’accès aux soins, le délitement des services publics.

http://www.humanite.fr/les-10-bonnes-raisons-de-se-mobiliser-le-9-avril-570490

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Appel à la mobilisation le 9 avril contre l’austérité !

La CGT, en intersyndicale avec FO, FSU et Solidaires, appelle à une journée interprofessionnelle d’action et de grève, jeudi 9 avril 2015, contre les politiques d’austérité et pour la mise en œuvre d’alternatives. Un rassemblement national sera organisé à Paris, à partir de 13h00, de la place d’Italie (13e arrondissement) à l’esplanade des Invalides (7e arrondissement).

Combattre et réduire le chômage, permettre la création d’emplois en changeant de politique économique, préserver les droits et tous les régimes sociaux, garantir et promouvoir le service public, augmenter les salaires (secteurs public et privé), les retraites, les pensions et les minimas sociaux, constituent des priorités sociales, de surcroît en période de crise.

Réunies le 17 février 2015, les organisations syndicales CGT, FO et Solidaires affirment leur détermination pour faire aboutir ces revendications et lutter contre l’austérité et ses impacts destructeurs tant socialement, économiquement que démocratiquement.

Le « pacte de responsabilité », la rigueur budgétaire, la réforme territoriale, nombre de dispositions du projet de loi libérale « Macron » ainsi que plusieurs décisions des pouvoirs publics et du patronat aggravent la situation des salarié(e)s, des retraité(e)s et des chômeurs(ses).

De nombreuses luttes et mobilisations syndicales sont d’ores et déjà engagées dans les entreprises, les services publics et les secteurs professionnels.

Pour faire converger ces revendications et exiger du gouvernement et du patronat qu’ils y répondent, les organisations syndicales CGT, FO et Solidaires s’engagent dans un processus de mobilisation. Conscientes de leur responsabilité, elles invitent les retraité(e)s et les chômeurs(ses) à se mobiliser et appellent l’ensemble des salarié(e)s, du public et du privé, à une journée de grève interprofessionnelle et à manifester le 9 avril 2015.

Les jeunes communistes de Cambrai et du Nord répondront présents à cet appel. Aujourd’hui plus que jamais, il est nécessaire d’unir les travailleurs, de lutter contre l’austérité et de vaincre le système qui en est à l’origine : le capitalisme.

Carte des manifestations selon le département d’origine

Article extrait de l’Humanité.

Communiqué de solidarité avec nos camarades en lutte

Voilà des jours que nos camarades syndicalistes de la SNCF de Cambrai et de France sont en grève pour lutter contre le projet de loi qui vise à ouvrir le secteur des rails à la concurrence, suite d’une logique de destruction des services publics ( gaz, eau, téléphonie ont déjà subis les conséquences de celle ci). Pour ce faire, le gouvernement et la direction de la SNCF expliquent à grand coup de démagogie que la dette de la SNCF s’élève à plus de 40 milliards d’euros, et choisissent de s’acharner sur les salariés et les usagers plutôt que de trouver d’autres sources de financements : si nous sommes aujourd’hui arrivés à une telle situation, c’est bien à cause de 15 ans de mise en concurrence imposée par le patronat et l’Union européenne. On se retrouve au final dans une conjoncture où le gouvernement fait en sorte de mettre en concurrence usagers et salariés, lycéens et cheminots. La continuation de la grève ne dépend pas des grévistes, mais bien du gouvernement et de la direction qui préfèrent jouer le pourrissement de situation.

Parmi les emplois qui sont aujourd’hui entrain d’être sauvés grâce à l’action des syndicalistes de la CGT et de SUD Rail, il y a aussi ceux des futurs bacheliers !

 

C’est pourquoi nous, jeunes travailleurs, lycéens et étudiants communistes du Cambrésis, soutenons l’action de nos camarades et appelons les responsables de cette grève à prendre leurs responsabilités, tout comme nous soutenons les intermittents du spectacle et les postiers qui sont eux aussi en lutte . Comme disait Maurice Thorez « il faut savoir terminer une grève… dès que satisfaction a été obtenue ! » . Contre la division des travailleurs créée pour servir les intérêts du patronat, répondons unité de classe !

 

Les casseurs de notre éducation continuent avec le même objectif: engraisser les plus riches!

16 000 postes de professeurs ont été supprimés dans l’Education Nationale en 2011. Plus de 65 000 depuis que Sarkozy est au pouvoir ! Mais les conséquences catastrophiques de cette politique n’empêchent pas le gouvernement de la poursuivre, compromettant ainsi l’avenir des élèves, des professeurs et de l’école de le République.

Oui ! Ce sont encore 16 000 suppressions de postes annoncées dans le budget 2011 dont 5 000 dans le second degré. Pour la première fois, le ministre de l’éducation ne s’est même pas donné la peine de les justifier. Profitant d’une autonomie renforcée, il délègue cette tache aux recteurs et aux chefs d’établissements, qui doivent définir localement les moyens à mettre en œuvre afin d’atteindre ces objectifs.
Les solutions bien souvent prise sont alarmantes : augmenter les effectifs d’élèves par classe, augmenter le poids des heures supplémentaires, recourir parfois massivement aux personnels non titulaires et précaires, réduire drastiquement les moyens en remplacement, fermeture de classes ou d’options etc.

Luc Chatel, afin de ne pas compromettre sa réforme du lycée à d’abord voulu faire porter le poids de ces suppressions sur les collèges, sans tenir compte de l’augmentation annoncée de 48 000 élèves à la rentrée prochaine. Mais aujourd’hui les consignes des rectorats sont de supprimer des heures (professeurs, vous ne finirez pas encore votre programme cette année) et des options en secondes. Parallèlement le décret d’application de la loi Ciotti qui supprime les allocations aux familles d’élèves « accusé » d’absentéisme est entré en vigueur et le ministre a annoncé le renforcement du fichage des lycéens dans une « base élèves » afin que les « gêneurs, manifestants, élèves en difficulté» soient  « surveillés » jusqu’à la fin de leur scolarité. De plus une prime « aux performances » devrait être crées afin de récompenser les chefs d’établissement qui auront le mieux suivis les directives assassines du gouvernement sur notre éducation.

En gros de moins en moins de profs (et moins formés), devant de plus en plus d’élèves surveillés (parfois même directement par des policier que l’on met aux entrées des lycées) dans des conditions d’enseignement qui se dégradent devant le développement d’une éducation à 2 vitesses, de la concurrence des lycées.

Mais pourquoi font-ils ça ?

Parce que le gouvernement dans son objectif de couper les budgets privilégient l’éducation qui à ses yeux coute trop cher, il souhaite en clair faire des économies sur notre dos ! Dans la même logique d’austérité, de thérapie de choc via l’augmentation des taxes (sur l’alcool, les boissons sucrées ou l’assurance), via la casse du service public représentant pourtant un bien commun, en ne remplaçant que 1 fonctionnaire sur 2, à travers la casse de la sécurité sociale, ou par la destruction annoncée du système de retraire par répartition (à travers une « réforme » en préparation) bref en s’attaquant à tous les acquis sociaux gagnés par de hautes luttes. Comme toujours, c’est toujours les mêmes qui vont payer, le peuple et les travailleurs.

Cependant nous pouvons nous interroger, pourquoi n’y a-t-il plus d’argent pour l’éducation, comme pour le service public ?

Car tout simplement le gouvernement a ses priorités, il préfère gaver les riches, les patrons qui en ont déjà pleins les poches, cela passe par le bouclier fiscal, par la réduction de l’impôt sur les grosses fortunes, par les exonérations patronales, par la baisse d’impôt pour les grandes entreprises faisant pourtant des millions et millions de bénéfice (exemple de Total cette année qui n’a pas payé d’impôt alors même que l’entreprise fit des milliards de bénéfices !), par le sauvetage des banques et du système actuel. Voila ce qui a creusé le déficit ! Le gouvernement a aussi de drôles de priorités, il dit ne plus avoir d’argent pour l’éducation et dans le même temps dépense 1.2 millions d’euro chaque jours dans la guerre en Libye !
Le problème ne vient pas d’un sur-plus de dépense mais d’un manque à gagner fiscal à cause de tous ces cadeaux.

Face à la casse de notre école, répliquons avec des propositions pour notre avenir pas pour ENRICHIR le Patronat :

Pour augmenter les recettes :

– Il faut taxer les revenus du capital (qui le sont qu’à 18%) au même titre que ceux du travail (42%), rien que cette mesure rapporterait 100 milliards.

-Taxons la spéculation financière et arrêtons toutes ces aides aux capitalistes sous forme de niche fiscale (niches fiscales à destiner des plus riches estimés à 50 milliards).

-Mettons en place une vraie reforme fiscale et progressiste avec un revenu maximum.

Bref de l’argent il y en a, simplement il est mal réparti, la dette reste donc un prétexte pour casser notre éducation.

Nos propositions pour une meilleure éducation :

-Un plan pluriannuel de création de postes de profs avec une formation complète et plus de lycées sur tout le territoire.

-La gratuité totale de l’éducation par la prise en charges des achats de livres et de fournitures spéciales.

-Un transport gratuits pour les lycéens pour que les choix d’orientation soient dictés par l’intérêt de l’élève et non par la proximité du lieu d’enseignement.

-L’Information, le respect et la promotion des droits lycéens notamment le droit d’organiser des débats ou de manifester. Donnons aux lycéens les clefs d’analyse de la société notamment par des débats sur l’actualité en ECJS. Le lycée doit devenir plus qu’un lieu de savoir-faire, mais bien une école de la vie qui forme les futurs citoyens à la démocratie et contribue a leur épanouissement et a leur esprit critique.

-L’augmentation du nombre de conseillers d’orientation et une assurance de formation continue pour que chaque élève puisse être suivi par un professionnel formé. Pour les élèves en difficultés du personnel spécialisé dans l’aide !

-Un tronc commun d’ambition pour toutes les filières (général, techno ou pro)

-Assurer une réelle complémentarité entre savoir et savoir-faire dans les filières pro et techno

-Un accès facilité aux cultures et à leurs pratiques dans et hors du lycée (réduction voir gratuité de musés spectacle, films etc.)

-Que l’argent public doit en priorité servir le public !

TRACT DE LA RENTRÉE 2011 CONTRE LA CASSE DE NOTRE ÉDUCATION, ICI.

Communiqué MJCF: Après le printemps, les jeunes continuent de se mobiliser en été !

Après les printemps grecs et espagnols, les jeunes continuent à se mobiliser sous diverses formes cet été contre les plans d’austérité qui s’abattent partout en Europe.

Depuis maintenant plus de 3 semaines, la jeunesse israélienne se mobilise contre la vie chère et notamment le prix des loyers qui pousse des milliers d’entres eux à la rue pour loyers impayés. Ce mouvement d’ampleur et inédit en Israël, avec comme slogan « Le peuple exige la justice sociale », montre bien que le peuple ne veut pas payer la crise économique et subir les plans de rigueur infligés par le gouvernement de Netanyahou.

Au Royaume-Uni, la révolte prend une autre forme, mais exprime les mêmes maux. Si aucun slogan n’est scandé dans les rues, la tournure que prennent les événements expriment bien un malaise social profond qui traverse une partie de la jeunesse anglaise.

Les jeunes des couches populaires, à qui on a retiré l’allocation de fin d’études, dont le gouvernement a fermé les salles de réunions, sont livrés à eux-mêmes. Rappelons, de plus, des chiffres édifiants : frais d’inscriptions pour les universités dépassant les 15000 euros, âge de la mortalité atteignant 53 ans dans certains quartiers populaires. Au-delà de la jeunesse, dans un des pays d’Europe où la fiscalité est la plus favorable aux entreprises, les classes populaires vivent dans le plus grand dénuement.

Si nous ne pouvons bien entendu pas légitimer le recours à la violence, à la destruction et au pillage, ces nuits de violence démontrent bien que la vision idyllique (qu’on tente de nous présenter) « d’une jeunesse anglaise heureuse et épanouie au pays de l’ultralibéralisme et des contrats précaires » tombe à l’eau.

Cette révolte des quartiers populaires londoniens (due à la mort d’un jeune anglais tué par la police) nous rappelle celle des quartiers populaires français de 2005, qui s’était déclenchée après la mort tragique de Zyed et Bouna dans les mêmes circonstances.

Là aussi, nous dénonçons les discours racistes et xénophobes qui profitent cyniquement d’une situation de grande détresse des couches populaires anglaises afin de désigner comme responsables des troubles les populations immigrées.

La vraie question est : n’existe -t-il pas un lien entre les soulèvements populaires et/ou les manifestations des jeunes quelque soit les formes qu’elle prend et la crise du capitalisme qui veut casser l’avenir des jeunes et les plongent dans la précarité partout en Europe.

Nous subissons les mêmes logiques, nos gouvernements appliquent les mêmes politiques qu’on soit à Madrid, Paris, Tel-Aviv ou Londres, nous devons donc riposter ensemble. Le MJCF réitère son appel à la mobilisation le 15 octobre avec toute les jeunesses d’Europe pour dire ensemble notre refus de l’austérité, et pour exiger une Europe de la justice sociale et de la paix.