Cuba: les raisons du zéro victime après l’ouragan Matthew

Cuba est l’un des seuls pays à n’avoir déploré aucune perte humaine après le passage de l’ouragan Matthew la semaine dernière. Pour les experts, cette performance est essentiellement due à l’efficacité du système de prévention et d’alerte local, internationalement réputé.
Ouragan le plus puissant à frapper les Caraïbes depuis près de 10 ans, Matthew a fait au moins 473 morts en Haïti, dix-sept dans le sud-est des Etats-Unis et quatre en République Dominicaine lors de sa progression meurtrière.
Touché sur sa pointe orientale, Cuba n’a déploré aucune perte humaine, malgré d’impressionnantes destructions dans plusieurs villes, coupées momentanément du reste du pays.
Des protocoles exceptionnels
« Cuba dispose de protocoles exceptionnels, dans leur préparation comme dans leur application. C’est une gestion très organisée et toutes les mesures sont mises en place avec comme priorité la sauvegarde des vies humaines. C’est un exemple au niveau régional », explique à l’AFP Laura Melo, directrice du Programme alimentaire mondial (PAM) à Cuba.
Depuis les ravages de l’ouragan Flora (1.200 morts en 1963), la Défense civile mène chaque année un exercice national de réponse aux désastres naturels juste avant la saison cyclonique, qui court de juin à novembre.
Dans ce cadre, les autorités mobilisent efficacement armée, volontaires, responsables du parti unique, administrations provinciales et locales, pompiers, ainsi que les antennes de la Croix-Rouge de chaque municipalité.
« Si vous demandez à un Cubain ce qu’est la défense civile (…) il vous dira, c’est nous tous. Tout le monde participe », souligne Alexis Lorenzo Ruiz, psychologue et membre du Réseau latinoaméricain de psychologie en urgences et catastrophes.
Un système pyramidal et intégré où chacun tient son rôle, permettant de toucher les habitants directement.
« Lors de la phase d’alerte, nous avons rendu visite à chaque personne et la campagne médiatique a beaucoup aidé », signale à l’AFP Annia Navarro Furones, responsable de la Croix-Rouge à Baracoa, une des villes les plus touchées par Matthew.
La chance a aussi joué en faveur de ce bilan vierge en pertes humaines. L’ouragan, qui prenait la direction de villes à forte densité de population telles que Guantanamo ou même Santiago de Cuba, s’est légèrement dérouté vers l’est au dernier moment… au détriment d’Haïti.
Un pouvoir de mobilisation
« C’est un pays où les institutions marchent. A Cuba il y a un véritable pouvoir de mobilisation de la structure sociale et politique, et les Cubains répondent bien à ce système », souligne le représentant local d’une organisation internationale.
« Dans d’autres pays, les habitants peuvent être réticents à quitter leurs maisons, notamment par crainte des vols, mais ici les gens s’exécutent car ils ont confiance dans le système. Cela aide beaucoup », poursuit-il.
En outre, le lien social et la solidarité propres à Cuba – en particulier dans cette région du pays – sont des facteurs déterminants lors des catastrophes naturelles.
« La majeure partie des personnes évacuées vont dans les maisons de membres de leurs familles ou d’amis, qui forment un réseau d’évacuation communautaire », explique M. Ruiz.
Un rétablissement rapide
« Les phénomènes comme Matthew provoquent des dégâts importants sur les habitations, les infrastructures comme les routes, sur la distribution d’électricité et d’eau. Ce qui pose l’exigence énorme de répondre rapidement. Mais là encore la mobilisation est extrêmement rapide avec des systèmes très bien établis », explique Laura Melo du PAM, qui a prévu d’acheminer nourriture et entrepôts provisoires dans les zones touchées.
Dans les quatre localités les plus touchées, Maïsi, Baracoa, Imias et San Antonio del Sur, « le travail fut intensif et rapide, notamment dans le nettoyage des rues et dans la mise en place de points de vente d’aliments à prix régulés », détaille Joel Gomez, responsable de l’ONG Oxfam – l’une des rares présentes à Cuba – dans la province de Guantanamo.
Une semaine après le passage de Matthew, la majorité des voies d’accès à ces villes ont été rouvertes, « l’eau a déjà commencé à être rétablie et on travaille pour la rendre potable. Le rétablissement de l?électricité est pour l’instant le plus compliqué », notamment à Baracoa où « 90% du réseau est par terre », poursuit M. Gomez.
Face aux besoins, le gouvernement cubain ne lance jamais d’appel à l’aide internationale, mais il accepte parfois des offres d’assistance bilatérales d’Etats, des Nations unies ou d’ONG triées sur le volet.

 

source : AFP

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Cuba, à l’aube de la levée du blocus criminel.

Hier, le merdredi 17 Décembre 2014, le blocus qui pèse sur Cuba depuis plus de 50 ans a enfin été remis en question par les Etats Unis. Suite à un échange de prisonniers – la République de Cuba a libéré un américain emprisonné en 2009 pour introduction de matériel sattelitaire illégal en échange de la libération de 53 cubains détenus aux USA, dont 3 prisonniers politiques. Nous pouvons enfin cesser de scander Free for Five, après 5940 de détention, Gerardo,Ramón, Antonio, Fernando et René sont tous les cinq libres !


Le blocus économique qui asphyxie Cuba pourrait prendre fin dès 2015, cette proposition de Barack Obama devant être étudiée et acceptée par le Congrès états uniens, qui lui seul est apte à voter de sa levée ou non.
Si ce premier vers la justice envers le pays socialiste a été cuba bloqueofait, c’est bien grâce aux pressions des pays étrangers, tout particulièrement ceux d’Amérique du Sud et et l’ALBA, qui ont a de maintes reprises condamnés l’embargo états unien et ont récemment voté des motions de sanctions contre les gringos si ceux ci continuaient leur blocus illégal sur Cuba.
Les pays capitalistes complices de l’impérialisme qui diabolisent Cuba, effrayé par le socialisme en marche sur l’île malgré tous leurs efforts, devraient prendre exemple : la république cubaine dispose en effet du taux de mortalité infantile (4,6 pour mille) le plus bas du continent américain – y compris le Canada et les Etats-Unis – et du Tiers-monde, elle est, avec un médecin pour 148 habitants (78 622 au total), selon l’Organisation mondiale de la Santé, la nation au monde la mieux pourvue dans ce secteur et selon l’UNESCO, Cuba dispose du taux d’analphabétisme le plus bas et du taux de scolarisation le plus élevé d’Amérique latine.
Une fois le blocus levé, Cuba pourra prolonger son engagement anti-impérialiste commencé dès 1959 et renforcé en 2005 par la création de l’ALBA avec le Venezuela, mais également porter toujours plus loin la mondialisation de la solidarité dont elle fait preuve de manière exemplaire en envoyant notamment des médecins partout où les besoins s’en font sentirent dans le monde.
Aujourd’hui, plus que jamais, con Fidel decimos « Socialismo o muerte » !cuba socialismo

Palestine : un état maintenant !

10818208_784260484950927_7296248003714387488_o   Hier, à l’occasion de la braderie de Sainte Catherine,les jeunes communistes du Cambrésis étaient présents pour faire signer la pétition pour la reconnaissance d’un état Palestinien. Alors que ce 28 novembre nos élus voteront pour reconnaitre ou non l’Etat de Palestine, chacun d’entre nous se mobilise contre cet apartheid, contre les massacres, la colonisation et le mur de la honte qui assassinent lentement le peuple palestinien.   10818469_784261888284120_5467266150628785110_o 10448614_784261041617538_1222307003293472743_o

Quelque soit la décision de nos élus, nous continuerons de nous battre pour la justice en Palestine. Palestina vivra, Palestine vaincra !

Ci dessous, la lettre du MJCF aux parlementaires sur le vote du 28 :

Madame, Monsieur,

 Le vendredi 28 novembre et le jeudi 11 décembre prochains, en qualité de représentant de la Nation, vous aurez à exprimer le positionnement de la République Française sur la scène internationale.

 A ces deux dates, vous devrez prendre position, à travers une proposition de résolution, sur la reconnaissance de l’Etat de Palestine. Ce vote nous l’avons attendu, réclamé depuis plusieurs années : il est une étape importante pour faire triompher une paix juste et durable au Proche-Orient. Il doit ouvrir à une reconnaissance pleine et entière par le président de la République.

 Après l’agression israélienne de cet été, qui a causé plus de 2000 morts, plus de 10 000 blessés et ravagé la bande de Gaza, la reconnaissance de l’Etat palestinien est une nécessité impérative. Ce vote nous redonne espoir de croire en la paix, alors que les négociations entre les deux pays sont vouées à l’échec dans l’état actuel des choses.

Donner enfin aux Palestiniens la reconnaissance internationale de leur Etat dans les frontières de 1967 serait une réaffirmation de leur droit à l’autodétermination, un encouragement à poursuivre les discussions avec la communauté internationale. C’est également une clé de la résolution de la crise en cours au Moyen-Orient, région actuellement en proie à de nombreuses déstabilisations et horreurs.

 Si la seule reconnaissance d’un Etat palestinien n’est pas suffisante à résoudre la totalité de cette situation, elle est néanmoins une étape cruciale et relancerait une dynamique amenant à la fin du conflit basé sur l’occupation illégale d’un territoire. Faire un geste politique de cette ampleur, c’est ouvrir un espace de paix et fermer la porte aux partisans de la destruction.

 La France a une voix qui porte sur la scène internationale. Elle est entendue quand elle fait le choix d’écouter son peuple et de sa jeunesse favorables à cette reconnaissance à 65% et qui s’est mobilisé cet été pour exiger une issue politique à ce conflit. Elle est entendue quand elle relaie les aspirations légitimes d’un peuple à exister sur sa terre et vivre dans un Etat viable et souverain.

Il est donc grand temps que la France prenne ses responsabilités alors que de nombreux parlements européens se sont déjà positionnés en faveur de la reconnaissance de l’Etat de Palestine.

 Nous ne pouvons plus nous revendiquer du pays des droits de l’Homme, si nous ne revendiquons pas aujourd’hui un Etat palestinien aux côtés d’un Etat israélien! « Le moment venu » dont parle notre Ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius ne peut être que maintenant : la France doit apporter sa pierre à l’édifice, à la construction de la paix entre les peuples israélien et palestinien ! La France doit amener l’Union européenne à se positionner pour de véritables sanctions internationales.

Nous ne pouvons plus fermer les yeux face aux agissements d’un Etat israéliendont le gouvernement d’extrême-droite saborde les négociations et entrave tous les jours la souveraineté d’un peuple ainsi que l’autorité de ses dirigeants par l’enfermement, l’humiliation et la colonisation.

 Au sein de la jeunesse française, la mobilisation pour un Etat palestinien est encore plus forte : nous voulons être la génération qui a fait tomber le mur de l’apartheid! Les élu(e)s français ne peuvent rester sourds face aux revendications de cette majorité, ne peuvent pas éviter la parole des jeunes de France qui sont déjà généralement déçus de nos institutions.

 La veille du 28 novembre, jour où vous serez appelé à voter, nous remettrons 30.000 pétitions appelant à la reconnaissance de l’Etat Palestinien. Au-delà de ces 30.000 signatures ce sont des milliers de jeunes que nous avons rencontré et mis en dynamique pour la justice et la paix en Palestine.

 En cette année internationale de la Palestine, décidée à l’ONU, au nom de tous les jeunes qui aujourd’hui, par leur mobilisation font entendre l’espoir de paix partout dans le pays, nous vous demandons de voter en faveur de ces résolutions, en faveur de la paix.

Nous vous remercions de prêter attention à nos revendications qui lient notre ambition commune de mettre fin au conflit au Proche-Orient sur la base du droit international.

 Nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, nos salutations républicaines.

Des apatrides nommés Rohingyas

Depuis 1982, les Rohingyas ne sont plus officiellement birmans. Apatride, cette minorité musulmane visée par des campagnes haineuses est privée de droits élémentaires. Depuis l’indépendance de la Birmanie en 1948, les pouvoirs en place ont mené des politiques de délégitimation conduisant au nettoyage ethnique de « l’une des ethnies les plus persécutées du monde », pour reprendre une formulation de l’Organisation des Nations unies (ONU).

Les Rohingyas sont devenus à partir de 2012 la cible de Rakhines bouddhistes – ethnie dominante dans la région de l’Arakan, où vivent près d’un million de Rohingyas –, parmi lesquels le bonze Ashin Wirathu. Avec son mouvement 969, ce dernier assure vouloir « protéger l’identité bouddhiste ». Pourtant, les musulmans représentent moins de 5 % de la population birmane (cinquante et un millions d’habitants).

L’organisation non gouvernementale (ONG) Human Rights Watch (HRW) (1) accuse le gouvernement du président Thein Sein, élu en 2011, les autorités locales et les forces de sécurité d’être impliquées dans des attaques ciblées. Elle a listé les exactions : stérilisation forcée, refus de soins, destruction de villages, installation dans des camps de rétention, esclavage, viols et tortures sexuelles commis par des militaires, pogroms et arrestations arbitraires.

Comment la situation a-t-elle pu atteindre ces extrêmes ? « Une ère d’obscurantisme et de totalitarisme s’est abattue sur le pays avec le coup d’Etat du général Ne Win [en 1962] », explique la journaliste Sophie Ansel. Celui-ci « a imposé le bouddhisme comme religion d’Etat dans ce pays où cohabitent plusieurs confessions. Il a aussi lancé une propagande raciste dans les écoles et médias avant de mener des opérations de purification visant à débarrasser le pays des “étrangers” ». Les campagnes de 1978 et 1992 ont conduit à la fuite d’environ deux cent mille Rohingyas au Bangladesh.

En 1982, Ne Win met en place une loi sur la nationalité. Cent trente-cinq ethnies conservent la nationalité birmane car elles appartiennent, selon la loi, aux « races nationales » — c’est-à-dire à celles qui étaient présentes sur le territoire avant 1823, date de l’arrivée des colons britanniques. Les Rohingyas en sont privés, au nom d’une interprétation de l’histoire contestée. Pour certains historiens, ils viennent de l’Arakan (en Birmanie) ; d’autres les voient en descendants de commerçants et de soldats arabes, mongols, turcs, bengalis, voire portugais et convertis à l’islam au XVe siècle (2). Pour tous, leur présence sur le sol birman depuis plusieurs siècles est attestée. Mais, selon la propagande officielle, leur arrivée ne remonterait qu’à la fin du XIXe siècle et serait liée à la politique d’immigration mise en place durant la colonisation. Les Britanniques les auraient favorisés au détriment des autres ethnies, selon les pratiques des puissances coloniales de diviser pour mieux régner — ce qui est vrai, mais ne valide en rien la thèse d’une présence tardive sur le sol birman. « Les bouddhistes essaient d’effacer toute trace d’une histoire commune avec les musulmans », commente Ansel, qui ajoute : « Les Rohingyas représentent la minorité ethnique de confession musulmane la plus importante du pays. C’est sans doute pour cette raison que le gouvernement a décidé d’en faire des apatrides ». Depuis la loi sur la nationalité, les autorités leur demandent de prouver leur présence en Birmanie avant 1823, alors que dans le même temps, elles brûlent leurs maisons (avec leurs papiers d’identité) ainsi que des mosquées centenaires et les forcent à signer des documents les transformant en Bangladais.

La vie de M. Habiburahman, né en 1979 en Birmanie, est représentative de celles des Rohingyas : apatridie, fuite, extorsions, détentions arbitraires, misère, exil, clandestinité… « Son récit, note Ansel qui a écrit avec lui Rohingya, Nous, les innommables. Un tabou birman (3), est celui d’un peuple en voie d’extermination. » Fuyant son pays après avoir été emprisonné pendant trois ans, il est arrivé illégalement en Australie, où il fut enfermé dans un centre de détention. C’est de là que ce cybermilitant a raconté l’histoire de sa famille, son enfance, les témoignages de sa grand-mère, le vécu de son père et comment le destin familial a basculé à partir de 1982.

La loi sur la nationalité birmane viole la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, dont l’un des principes fondamentaux est que chacun a le droit à une nationalité. Le statut d’apatride est considéré par l’ONU comme l’un des pires car il prive des droits élémentaires. Dix millions de personnes seraient actuellement apatrides selon l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), principalement en Asie et Afrique. Dans son rapport d’avril 2014 (4), M. Tomás Ojea Quintana, rapporteur spécial de l’ONU pour les droits de l’homme en Birmanie (de 2008 à 2014), détaille les conditions de vie des Rohingyas. « Les strictes restrictions discriminatoires de mouvement affectent les droits des musulmans, y compris celui à la vie », écrit-il. Il qualifie de « ghetto » Aung Mingalar, qu’il a visité en février 2014. En sept mois, mille six cents personnes ont fui ce quartier musulman de Sittwe. « Beaucoup ont risqué leur vie sur des embarcations de fortune pour atteindre les pays voisins. Ceux qui ont survécu sont soumis à des violations des droits de l’homme, y compris la traite. » Des gardes armés et des clôtures de barbelés empêchent ceux qui sont restés de quitter le quartier. Ils manquent de nourriture, d’accès à l’éducation, aux soins et aux hôpitaux, indique M. Quintana. Mme Célestine Foucher, de l’ONG Info Birmanie, évoque d’autres discriminations : « Les Rohingyas ne peuvent plus voter ni occuper certaines fonctions et doivent informer les autorités de leurs mouvements sous peine d’amende. Ils n’ont pas le droit d’être propriétaires, leurs terres sont confisquées et leurs habitations détruites. » Des lois supplémentaires sont en cours de discussion — notamment une qui « empêcherait les femmes rohingyas d’avoir plus de deux enfants. Les couples doivent déjà demander l’autorisation pour se marier civilement ».

Selon le rapporteur spécial de l’ONU, les persécutions comportent des « éléments constitutifs du crime de génocide. Il s’agit de crimes contre l’humanité (5) ». Pourtant, en avril 2012, l’Union européenne et les Etats-Unis ont levé l’embargo et beaucoup des restrictions en vigueur contre la Birmanie depuis 1986.

En plus du gaz et du pétrole, certaines régions théâtres des violences — telles que l’Arakan qui se bat contre l’Etat central — sont « riches en bois, pierres précieuses et minerai, ainsi qu’en potentiel hydraulique. (…) Les communautés ethniques locales luttent pour ne pas voir leurs territoires pillés par l’armée et quelques conglomérats qui lui sont proches — ou par des compagnies étrangères » écrit Renaud Egreteau (6). Et il ajoute : « La question ethnique est liée à des enjeux territoriaux et économiques. (…) Pacifier la périphérie, c’est se heurter à de vastes intérêts. »

La timide ouverture démocratique et les projets de réforme ont suffi à convaincre les puissances désirant profiter du marché. Il s’agit de rattraper la Chine et l’Inde, qui ont eu accès à ces ressources durant les embargos. Total est l’entreprise française la mieux implantée en Birmanie, des dizaines veulent suivre son exemple. En mai 2013, les présidents François Hollande et Barack Obama ont reçu M. Thein Sein. La situation des Rohingyas a été brièvement évoquée malgré sa demande expresse qu’elle ne le soit pas. Le président birman parle d’« informations fabriquées (7) » et n’accepte pas l’intervention de commissions d’enquêtes indépendantes, empêchant ainsi de connaître l’ampleur exacte de la répression. Assumant son rejet des Rohingyas, il a demandé aux Nations unies de l’aider à les installer dans des camps ou à les expulser ; l’ONU a naturellement refusé.

Au cours de ces deux dernières années, environ cent quarante mille auraient été déplacés — la plupart retenus dans des camps dans l’Arakan et au Bangladesh, à la frontière avec la Birmanie. Près de quatre-vingt-six mille auraient fui le pays selon le HCR (8). Détenus, victimes de trafic ou placés en centres de rétention car ils n’ont pas de papiers, ils ne sont pas bienvenus dans les pays voisins, Thaïlande ou Malaisie, qui ne veulent pas créer un « appel d’air ». « Ils ne reçoivent pas d’aide internationale équivalente aux autres ethnies birmanes », commente Ansel. « Il y a moins de réinstallation de Rohingyas en Australie que de Chins ou autres Birmans. Le HCR privilégie une intégration dans des pays musulmans tels que la Malaisie, mais ils y sont aussi privés de droits. Habiburahman a fui le pays pour cette raison. »

Pourtant, le silence est quasi total sur le sort de cette communauté. Des informations circulent mais la censure et la désinformation, bien plus puissantes, les couvrent. L’opposante Aung San Suu Kyi, impliquée dans le processus politique (lire « Valse-hésitation des dirigeants birmans »), se risque rarement à parler de ceux dont le nom est interdit. D’autres éléments expliquent ce mutisme : la complexité des luttes territoriales et ethniques, le fait que le bouddhisme est perçu comme une religion de paix dont les moines sont le symbole, à l’inverse de l’islam. L’idée de bouddhistes massacrant des musulmans est quasiment inconcevable. Pourtant, assure Ansel : « A ce rythme, les Rohingyas vont disparaître de Birmanie. »

Article de Warda Mohamed, novembre 2014, dans Le Monde diplomatique

Expulsion de militants communistes de Palestine : face à la répression, détermination !

Dimanche dernier, une délégation de jeunes communistes décollait pour la Palestine et Israël. Comme chaque année, ce voyage de solidarité permet aux jeunes de découvrir la situation sur place et de mieux appréhender l’ensemble des problématiques en rencontrant des progressistes israéliens et palestiniens.

Mais pour trois d’entre eux, le voyage a tourné court. Dès leur arrivée à l’aéroport de Ben Gourion de Tel-Aviv, nos camarades ont été arrêtés puis interrogés en raison de leurs origines. Après treize heures d’interrogatoires et d’attente, lorsque les autorités militaires et douanières se sont aperçus qu’ils étaient militants communistes, la sentence ne s’est pas fait attendre.

Ils ne verront jamais la Palestine, et découvriront seulement le centre de rétention du côté israélien. Dès le lendemain, ils furent expulsés dans le premier avion direction Paris, escortés par les forces de police jusque dans l’avion, assortis d’une interdiction de revenir sur le territoire israélien. Les seules traces qu’ils laisseront sont les empreintes digitales que leur ont prises les autorités israéliennes…

Israël ou comment pratiquer l’arbitraire et le racisme d’État à grande échelle !

Ce qui est arrivé à nos trois camarades est malheureusement un fait divers dans la région. Tous les jours, des dizaines d’hommes et de femmes du monde entier sont expulsés en raison de leurs origines, leur religion ou de leur militantisme à l’aéroport. Ce racisme qu’il convient d’appeler racisme d’État, cette humiliation, cette logique sécuritaire, c’est ce que subissent quotidiennement des dizaines de milliers d’arabes Israéliens et les Palestiniens. Exprimer sa solidarité avec le peuple palestinien et au-delà avec tous les militants d’une paix juste et durable dans la région dépend du bon vouloir des autorités israéliennes puisque les Palestiniens n’ont même pas ce droit d’avoir un aéroport pour accueillir des ressortissants du monde entier…

Alors que des négociations très fragiles vont reprendre entre Palestiniens et Israéliens sous l’égide « d’un arbitre impartial » que sont les États-Unis d’Amérique, la politique coloniale et d’apartheid continue ses ravages sur place. Pour preuve, après avoir annoncé la libération de 104 prisonniers politiques palestiniens (qui ne pourront pas retourner chez eux par ailleurs), nous apprenons aujourd’hui qu’Israël annonce la construction de 900 logements de plus dans les colonies à Jérusalem-Est, s’ajoutant aux 1182 de la semaine dernière.

Au regard de l’obstination du gouvernement israélien, on ne peut qu’être dubitatif quand aux résultats des négociations sur la question du droit des Palestiniens à vivre dans un Etat libre et souverain.

Notre détermination à poursuivre le combat n’est en rien entamée, elle est renforcée !

Après la colère et l’indignation, viendra très rapidement celui de la demande d’explications. Dans les prochains jours, nous interpellerons notre ministre des affaires étrangères Laurent Fabius, pour connaitre son avis sur l’expulsion de trois ressortissants français de l’État d’Israël sans raisons apparentes.

Notre détermination à mener le combat pour la liberté du peuple palestinien n’est en rien entamée. Partout en France, les milliers de jeunes communistes continueront d’animer la bataille en dénonçant les entreprises françaises qui font du commerce avec les colonies, en organisant des tournois de foot comme en juin dernier, ou encore des cinés-débats pour faire connaitre la situation sur place, en exigeant surtout de notre gouvernement qu’il reconnaisse unilatéralement enfin la Palestine comme un État. Liberté pour la Palestine, Libres Palestiniens !

La coordination nationale du MJCF et DIDF-Jeunes

(Article tiré du site de la MJCF, à lire ici)

Délit de soumission pour le « Pays des Droits de l’Homme »

Edward Snowden, nouveau bouc émissaire de l’impérialisme capitaliste

  La comptine est connue, souvent jouée, toujours suivie, gardant le même rythme basique, à la saveur amère et qui irrite plus qu’il n’enchante : la sombre partie de « Washington a dit… » qui semble dicter les règles de la moitié du monde se déroule toujours au-dessus de nos têtes, nous faisant renier nos valeurs, nos combats, nos aspirations. Peu importe le chef d’orchestre, la chanson reste la même, les USA disent, ses vassaux font (comment peut-on parler d’alliés lorsqu’on est soumis idéologiquement à un Etat qui se voit comme « leader du monde libre contre l’Empire du mal » ?), avec l’application d’une bleusaille soumise aux ordres d’un sergent-chef. Ici aussi, peu importe le visage de l’Etat, la soumission reste la même, l’empressement à cirer les bottes qui piaffent d’impatience de claquer partout où ses intérêts (économiques) les porteront.

  La France, selon la tradition, selon la mémoire collective, est le pays des Droits de l’Homme et du Citoyen. La France, porte-étendard du respect de tous, du droit des gens sans distinction aucune, de la fraternité entre tous ? A une époque, certainement, mais nous ne sommes plus à cette époque, cela est certain. Respect de l’individu et de ses droits, fraternité, ces mots ne sont rien pour les néolibéraux qui s’accaparent le pouvoir depuis plus de 40 ou 50 ans, sous les diverses bannières qu’ils se donnent, PS, RPR ou UMP. La fraternité n’est pas cotée en Bourse, et le respect des droits de tous, sans distinction, ne permet pas d’engranger du profit monétaire.

  La France de Hollande montre aujourd’hui encore sa vassalité au pays de l’impérialisme capitaliste, qui appelle « démocratie » la recherche du contrôle de ressources pétrolières, par l’attitude que nous n’hésiterons pas à qualifier de « honteuse », de refuser l’asile politique à l’ancien agent de la NSA Edward Snowden. Le Pays des Droits de l’Homme et du Citoyen n’est vraiment plus qu’un titre d’apparat, une fumisterie qui cherche à nous donner un certain prestige. Mais où est le prestige sans la mise en application ?

  Rappel des faits : Edward Snowden est devenu, dans la lignée des Julian Assange (fondateur de Wikileaks, qui publie des documents secrets mettant en cause divers pays du monde, notamment les USA) ou Bradley Manning (militaire accusé de trahison envers la nation pour avoir informé Wikileaks des réalités des guerres menées au nom de la « démocratie » par les USA , un ennemi public, accusé de trahison et d’espionnage pour avoir révélé les arcanes du programme PRISM, qui sous couvert de lutte contre le terrorisme permet à la NSA de collecter des informations sur les usagers des grands services de l’Internet et de l’informatique, Google, Facebook, Microsoft, Yahoo ! Apple, pour ne citer que les plus gros. PRISM est une surveillance automatisée des grands services Internet, mails, réseaux sociaux, photos et vidéos, historiques de navigation, conversations vocales des usagers de ces services. Ainsi que l’espionnage des institutions européennes, montrant à quel point les Européens sont, pour les Américains, des vassaux et non des alliés de confiance.

  Contraint depuis de quitter son pays (il logeait à Hawaï avec sa petite amie, gagnait 200 000€ par an et était un citoyen modèle, selon la norme américain), le hacker, qui a choisi de renoncer à ses avantages, à son train de vie, à sa situation, ce qui montre qu’il n’est pas un pauvre hère en recherche de renommée, il vivait bien mieux que la plupart des Américains. Pourquoi alors choisir de révéler la vérité ? Selon lui, « J’ai accepté de sacrifier tout cela car je ne pouvais laisser, en mon âme et conscience, le gouvernement américain détruire la vie privée et les libertés fondamentales des gens tout autour du monde, au moyen de ce gigantesque système de surveillance qui est en train d’être secrètement mis au point. » Des propos tenus à Hong Kong, son premier point d’atterrissage.

  Depuis, la majorité des pays sollicités par Edward Snowden pour un asile politique lui ont tourné le dos, fidèles aux ordres venant de l’Oncle Sam. Comme le résume si bien Manuel Valls, notre ministre de l’Intérieur : « M. Snowden est un agent des services américains, et c’est un pays ami avec lequel nous avons des relations ». Les relations avant les idéaux dont on aime tant se parer pour se donner l’air important, la preuve est encore une fois visible ici. A cet homme qui veut ouvrir les yeux du monde sur l’impérialisme tentaculaire des Etats-Unis, la France refuse encore de se dresser comme gardienne des Droits de l’Homme qu’elle aime tant rappeler sur le papier, mais qui dans les faits restent des illusions d’un autre temps.

Nous y voyons aussi le vrai visage du « sympathique et décontracté » Obama, qui est aussi prompt que son prédécesseur texan à pourchasser ceux qui dérangent les lobbys et à refuser les droits les plus élémentaires à tous, sous le prétexte que les USA font ce qu’ils lui plaisent. Un prix Nobel de la Paix qui a déclenché des conflits et qui traque des citoyens qui montrent leur désaccord avec le système, cela est bien contradictoire. Ajoutons qu’Obama poursuit l’héritage de George Bush avec les maintiens de PRISM et de Guantanamo.

  Et pour ajouter le ridicule à l’indignation de refuser l’asile politique à un homme traqué pour sa défense des droits élémentaires, il est bon de mentionner l’incident diplomatique Evo Morales. Le président socialiste (au sens réel du terme, pas au sens tel qu’on l’a en France, un vrai homme de gauche) de Bolivie s’est vu contraint de s’écarter de l’espace aérien français, entre autres, et de ne pas survoler notre territoire. Pourquoi ? Car une rumeur annonçait la présence d’Edward Snowden dans l’avion du Président Bolivie. Mais qu’est-ce qui a provoqué une telle peur à nos chefs d’Etat ? La réprimande de Washington ? Il est fort à parier que c’est exact. Un comportement aussi indigne envers un chef d’Etat, déjà considéré comme nuisible par la toute-puissance impérialiste à cause de ses idées socialistes, et qui voit ses droits de représentant du peuple bolivien balayés par le diktat de l’impérialisme, est absolument intolérable, et honteux pour la France. Le président Morales est resté digne dans cette épreuve, qui montre encore la paranoïa profonde des USA, leur volonté de s’en prendre à tout ce qui ne va pas dans leur sens, directement ou par leurs vassaux et leur peur.

  Oui, l’Amérique d’Obama, l’Amérique de l’impérialisme capitaliste, porteur d’austérité et de menaces, a peur, peur de Snowden, de ses savoirs, de ses révélations. Ils ont peur de voir les peuples se révolter pour se libérer de leurs chaînes invisibles, ils ont peur de voir leurs vassaux surpassés par la vindicte des peuples révoltés, ils ont peur de voir leur hégémonie, qu’ils tentent de renforcer grâce au fielleux « Accord Transatlantique » qui plongera la France et l’Europe plus profondément encore dans la vassalité et la soumission à l’Oncle Sam, ébranlée par l’éveil des peuples.

  Nous, la MJCF Cambrai, parmi toutes les associations militantes qui soutiennent cette cause appelons la France, de son peuple à sa représentation élue, à redevenir le Pays des Droits de l’Homme et du Citoyen. Nous appelons à l’asile politique pour Edward Snowden, pour montrer que nous restons concernés dans la défense des libertés et du respect envers chaque être humain. Que ce surnom n’en est pas qu’un, et que la France reste fidèle à ses valeurs républicaines, humanistes et solidaires. Et que si le sommet de l’Etat reste soumis aux ordres de Washington, que le peuple, dans son ensemble, se montre solidaire d’Edward Snowden, qui risque sa vie, et qui a renoncé à ses facilités sans rien demander en retour. Simplement par besoin de vérité. De respect envers tous.

LA MJCF Cambrai montre sa solidarité à Edward Snowden, et souhaite son asile politique, au nom de la liberté et du respect de l’individu, car l’espionnage industriel des particuliers est une chose inacceptable.

La MJCF Cambrai

L’Offensive, journal militant et outil d’information ! (Mai-Juin)

Retrouvez le numéro de Mai-Juin 2013 de L’Offensive en cliquant sur le lien que voilà !

Le journal de la fédération communiste du Nord nous offre un nouveau tour d’horizon des actions passées et à venir, les actualités de la lutte menée dans le Nord, en France et dans le monde, pour l’instauration d’une société nouvelle, débarrassée du capitalisme qui dépouille les peuples et conforte les riches, des oligarchies qui tyrannisent le travail et révèrent l’actionnaire.

L’Offensive, un outil militant créé par les militants, pour les militants ! Bonne lecture, camarade !

Information tirée du site MJCF Nord